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70 jours d’optimisme et de réflexion [Revue de presse]

Depuis 70 jours, Nuit Debout occupe les places de France et du monde. Mardi 8 juin, le mouvement fête le #100mars, date symbolique du nouveau calendrier marsien. L’heure n’est pas au bilan, mais à un point d’étape. Dans son appel au #100mars, Gazette Debout s’interroge :

« Quelles avancées depuis la création du mouvement ? Où va -t-on ? D’autres encore n’aspirent qu’à célébrer le jour où tout a basculé. En attendant, l’optimisme et l’inventivité s’imposent. »

Parce que oui, « Nuit Debout existe encore », comme l’explique Nathalie Quintane sur Le Monde.fr.

L’écrivaine rappelle à ses amis « débordés parce qu’actifs, qui n’ont pas toujours le temps de réaliser qu’il y a une différence entre Nuit debout, l’association pour la sauvegarde des marmottes, la piscine et le yoga […] que réduire Nuit debout à un ultime soubresaut c’est nier sa qualité d’événement (car il se passe, de fait, quelque chose) »

Un événement que certains comparent à la Commune de Paris qui s’est terminée par la Semaine sanglante il y a 145 ans. Spécialiste de la Révolution et de la citoyenneté, Mathilde Larrère connaît l’histoire de la Commune de Paris sur le bout des doigts. L’historienne (enseignante chercheuse à l’université de Paris-Est Marne la Vallée) et nuit-deboutiste évoque cette filiation dans un long entretien diffusé sur le site de France Culture à lire par ici. 

Pour analyser ce mouvement et confronter les points de vue, Reporterre a réuni un activiste et un politologue. Gaël Brustier est politologue, et vient de publier une première analyse du mouvement. Benjamin Sourice est essayiste (Plaidoyer pour un contre-lobbying citoyen), militant écologiste et participant à Nuit debout Paris.

Benjamin Sourice: « Nuit debout est un mouvement social, un mouvement d’idées, quelque chose dont la richesse est l’horizontalité. Dès les premiers jours, il y a eu une espèce de passage entre deux mondes. » 

 

Gaël Brustier : « Sur la place, il y a un travail de confrontation saine entre les tendances émergentes d’une nouvelle gauche radicale et le mouvement citoyenniste, entre les idées qui viennent du monde syndical, du monde associatif, écolo ou anarcho-zadiste, mais aussi les tendances portées par les constituants, les jurys citoyens et les civitechs numériques. »

Ce travail de confrontation et d’échanges continue d’essaimer, jusque dans les plus petits villages. A Salles-sur-l’Hers, dans l’Aude, une première «Nuit debout» qui en appelle d’autres a eu lieu vendredi dernier. A Cazères, Nuit Debout est toujours là et à Foix, « Nuit Debout a trouvé un second souffle ». 

Dans les grandes villes, le mouvement commence à prendre une nouvelle forme. A Lyon par exemple, finie l’occupation de la place Guichard. Les militants de « Nuit Debout Lyon » sont partis d’eux-mêmes de la place qu’ils occupaient depuis le 9 avril dernier. Mais ils promettent de se réinstaller ponctuellement sur d’autres places de la ville.

Dans une interview à Libération, François Ruffin le journaliste et réalisateur de « Merci patron » estime que :

« Nuit debout, surtout, témoigne d’un vide politique. Plein de gens, qui ne se sentent pas représentés, attendent autre chose »

Après les violences policières policières, Nuit Debout est confronté à d’autres dangers dorénavant : la récupération, quelle qu’elle soit. Fin avril, trois demandes ont été déposées auprès de l’Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi), qui devrait se prononcer dans les prochains mois. Pour les membres du collectif, l’offensive est lancée : pas question que leur initiative soit récupérée à des fins commerciales. (Lire l’article de 20minutes.fr par ici)